Gabon : Oligui Nguema accélère la réforme énergétique
Oligui Nguema confie les réformes énergétiques à Olivier Mouckocko, nouveau ministre de l'Eau et de l'Énergie, fort de vingt ans d'expérience dans les infrastructures.
Le Gabon poursuit la modernisation de son secteur énergétique sous l'impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Cette transformation repose sur des réformes institutionnelles, des investissements et une nouvelle gouvernance des services publics.
La nomination d'Olivier Mouckocko, le 11 octobre 2026, accompagne cette transformation. Il succède à Philippe Tonangoye et devient le quatrième titulaire du portefeuille depuis septembre 2023. Le nouveau ministre de l'Eau et de l'Énergie hérite de plusieurs chantiers stratégiques.
Oligui Nguema engage une réforme structurelle
Le président Oligui Nguema fait de l'accès à l'eau et à l'électricité une priorité nationale. Sa stratégie prévoit une restructuration de la Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG). La réforme doit séparer les activités hydrauliques et électriques.
Deux sociétés spécialisées doivent succéder à l'opérateur historique à partir de janvier 2027. La Gabonaise des Eaux prendra en charge le secteur hydraulique. Électricité du Gabon se consacrera aux activités électriques.
Cette réorganisation vise une gouvernance plus claire et une meilleure efficacité opérationnelle. Elle prévoit aussi une spécialisation de la production, du transport, de la distribution et de la commercialisation.
Le gouvernement a présenté un programme d'investissement de 1 000 milliards de FCFA pour redresser le secteur. Ce programme prévoit la réhabilitation des centrales, la modernisation des réseaux et l'installation de compteurs intelligents. Les zones rurales doivent également bénéficier d'une meilleure desserte.
Ces orientations répondent aux difficultés persistantes des ménages et des entreprises. Les délestages et les interruptions d'eau perturbent encore les activités économiques et sociales.
Des investissements pour renforcer la production
La stratégie présidentielle comprend plusieurs projets destinés à augmenter les capacités nationales de production électrique. Neuf turbines bicombustibles, totalisant 255 mégawatts, figurent parmi les équipements annoncés. Leur mise en service est attendue à la mi-novembre 2026, après des retards.
Le barrage hydroélectrique de Kinguélé Aval représente un autre investissement stratégique. Sa capacité annoncée atteint 35 mégawatts. Début octobre, son gros œuvre affichait 95 % d'achèvement. Sa mise en service progressive reste soumise aux autorisations nécessaires.
La centrale à gaz de Mayumba et les projets d'électrification rurale complètent les chantiers prioritaires. Leur réalisation pourrait diversifier la production et élargir l'accès à l'électricité. Les résultats dépendront aussi de la fiabilité des réseaux.
Olivier Mouckocko, une expertise au service des réformes
Pour conduire cette transformation, le chef de l'État a choisi un responsable expérimenté dans les infrastructures et les politiques publiques. Géologue spécialisé en hydrogéologie, Olivier Mouckocko possède également un MBA en management des affaires. Il a suivi un Executive MBA à Audencia, en France.
Son parcours dépasse vingt années d'expérience au Gabon et à l'international. Il associe ingénierie, administration publique, gestion industrielle et pilotage de projets. Il commence sa carrière au cabinet d'ingénierie SEURECA avant d'intégrer l'administration gabonaise.
Entre 2010 et 2016, il dirige la Direction générale de l'eau. Il participe à sa structuration et à la préparation des politiques publiques hydrauliques. Il contribue aussi à la planification des investissements.
Selon son parcours professionnel, il pilote une conduite d'adduction d'eau de 32 kilomètres entre Ntoum et Libreville. Cette infrastructure devait renforcer l'approvisionnement de la capitale. Il revendique aussi un réservoir de 10 000 mètres cubes et une conduite de 12 kilomètres à Libreville.
De 2016 à 2019, il dirige la Société d'énergie, de téléphone et d'eau du Gabon (SETEG). Il poursuit ensuite sa carrière chez Eramet Comilog, acteur majeur de l'industrie minière gabonaise. Il y occupe notamment des responsabilités liées aux infrastructures, aux équipements et au patrimoine.
Il mentionne également le pilotage d'un programme de logements pour des populations déplacées à Moanda. Ces projets illustrent son expérience déclarée dans la gestion d'infrastructures complexes.
En décembre 2025, il devient conseiller spécial du président de la République, chargé des Travaux publics et des Infrastructures. Cette fonction le place au contact des orientations stratégiques de l'exécutif.
Son parcours constitue un atout pour accompagner les réformes engagées par Oligui Nguema. Il combine expertise technique, connaissance administrative et expérience des grands projets. Ses responsabilités antérieures ne garantissent toutefois pas les résultats futurs.
Le nouveau ministre devra accompagner la restructuration de la SEEG et suivre les investissements annoncés. Il devra aussi améliorer la continuité des services et réduire les disparités territoriales. Lors de sa prise de fonctions, il a évoqué les difficultés rencontrées par les populations.
Pour les ménages, les réformes visent un meilleur accès aux services essentiels et moins d'interruptions. Les entreprises attendent une alimentation électrique plus régulière pour soutenir leurs activités.
En confiant ce portefeuille à Olivier Mouckocko, Oligui Nguema mise sur son expérience technique et managériale. La réussite des réformes se mesurera aux améliorations concrètes constatées par les Gabonais.