Maroc : Mohammed VI mise sur l'intelligence artificielle
Le roi Mohammed VI dote le Maroc d’un ministère dédié à l’intelligence artificielle, confié à Ahmed Rahhou. Le Royaume ambitionne de générer près de 6 000 milliards de FCFA de valeur ajoutée, de créer 50 000 emplois et de former 200 000 personnes d’ici 2030.
Le Maroc franchit une nouvelle étape dans sa transformation technologique. Le roi Mohammed VI a présidé, le 16 octobre 2026, la nomination du nouveau gouvernement au Palais royal de Rabat. Cette équipe comprend un ministère intégrant explicitement l'intelligence artificielle dans ses attributions.
Dirigé par Ahmed Rahhou, ce département couvre également la transformation numérique et la réforme de l'administration. Sa création traduit la volonté du Royaume de renforcer la place des nouvelles technologies dans ses politiques publiques.
Cette évolution institutionnelle accompagne la stratégie nationale « Maroc pour l'intelligence artificielle 2030 ». Le programme ambitionne de faire de l'innovation technologique un moteur de croissance économique et de modernisation administrative.
Près de 6 000 milliards de FCFA de valeur ajoutée visés
La stratégie marocaine fixe plusieurs objectifs économiques et sociaux à l'horizon 2030. Le Royaume ambitionne de générer 100 milliards de dirhams de valeur ajoutée, soit environ 6 000 milliards de FCFA.
Ce montant représente une contribution économique attendue et non un budget public déjà mobilisé. Les autorités prévoient également la création de 50 000 emplois directs et indirects.
Le développement des compétences constitue un autre pilier de cette politique. Le Maroc souhaite former et certifier 200 000 personnes aux métiers et aux applications de l'intelligence artificielle.
Cette orientation concerne notamment les étudiants, les chercheurs, les professionnels et les entrepreneurs. Elle vise à constituer un vivier national de compétences capable d'accompagner la transformation de l'économie.
La souveraineté numérique au cœur des priorités
Le programme prévoit le renforcement des infrastructures numériques et des capacités nationales de recherche. Le développement de solutions technologiques locales figure parmi les priorités affichées.
Le réseau d'instituts JAZARI doit notamment contribuer à la recherche, à la formation et à l'innovation. Les autorités souhaitent également développer des infrastructures souveraines pour l'hébergement et le traitement des données.
L'intelligence artificielle pourrait progressivement améliorer plusieurs services publics. Les applications envisagées concernent notamment la simplification administrative, le traitement des informations et l'accompagnement des usagers.
Le secteur privé constitue également un acteur important de cette transformation. Les entreprises marocaines sont appelées à intégrer davantage les technologies intelligentes dans leurs activités.
Ahmed Rahhou chargé de concrétiser les ambitions
La conduite de cette politique revient désormais à Ahmed Rahhou. L'ancien président du Conseil de la concurrence possède une expérience dans les secteurs bancaire, industriel et institutionnel.
Son nouveau portefeuille associe les politiques d'intelligence artificielle, la transformation numérique et la modernisation administrative. Cette organisation doit faciliter la coordination des initiatives technologiques et leur intégration aux services publics.
La concrétisation des ambitions marocaines dépendra néanmoins des investissements, de la formation et de l'exécution des programmes annoncés. Les objectifs économiques et sociaux devront être évalués à mesure de leur mise en œuvre.
En inscrivant l'intelligence artificielle dans son architecture ministérielle, le Maroc affirme sa volonté de participer activement aux mutations technologiques mondiales. L'échéance de 2030 permettra de mesurer les retombées de cette stratégie sur l'économie, l'emploi et les administrations.